Réflections 2025
Depuis le décompte du 31 janvier 2024 , un moment qui me rend toujours un peu nostalgique , j’ai pris des notes sur les choses qui ont retenu mon attention ou qui m’ont fait réfléchir.
Ces réflexions n’apportent rien de nouveau. Ce sont des choses que nous savons déjà. Pourtant, il est parfois rafraîchissant de se les rappeler, au point où elles peuvent presque sembler être de nouvelles informations.
Les passages que je partagerai dans les prochains paragraphes ne sont pas seulement mes réflexions, mais aussi celles de personnes qui m’ont inspirée tout au long de l’année, à travers des conversations, des podcasts, des livres et la vie en général.
Il faut tout un village, et bien plus encore…
Janvier
Être ou faire ?
Une partie d'un podcast que j'ai écouté m'a particulièrement marquée : une conversation entre Elle Macpherson et Rich Roll. Elle Macpherson est une mannequin australienne qui a battu tous les records en apparaissant sur la couverture du magazine Sports Illustrated. Elle est également actrice et entrepreneuse. J'adore les récits, et j'ai trouvé la façon dont elle a partagé son histoire à la fois captivante et inspirante.
La conversation était longue, mais quelques idées m'ont particulièrement marquée :
- Nous sommes souvent attirés par des personnes qui ont l'air bien dans ce qu'elles font plutôt que par celles qui attirent par ce qu'elles sont. (La présence plutôt que les réalisations.)
- Nous devrions viser la connexion plutôt que l'attraction. L'idée est d'avoir à la fois l'attraction et la connexion.
- Vous attirez la fréquence de ce que vous êtes. (Oui, nous le savons, mais c'est bon de le rappeler.)
- Soyez l'amour que vous voulez recevoir. Soyez cette énergie, et vous la recevrez.
Février
Être présent
La destination est notre voyage de rêve, la ligne d’arrivée d’un marathon, le retour à la maison ou la guérison d’une blessure.
Le parcours, c’est économiser de l’argent, prendre l’avion, s’entraîner, faire de la physiothérapie, le commute pour se rendre à la maison après le boulot, réaliser que courir ne définit pas qui je suis.
Chaque minute de notre vie est un parcours. Pourtant, nous sommes souvent poussés, sans même en être conscients, vers de multiples destinations, oubliant que le parcours lui-même est la beauté de tout cela : notre histoire personnelle.
C’est ce qu’on appelle la vie ! ( en anglais, je dis "lifing")
Quelques jours après avoir écrit ces lignes, j’ai été mise au défi de tester ma propre appréciation du parcours. Vendredi après-midi, après le travail, j’ai raté mon train de quelques secondes. Les portes se sont fermées juste devant moi, et je suis restée là à le regarder s’éloigner, dans le soleil couchant.
J’étais pressée de rentrer chez moi.
Au début, j’étais frustrée.
Puis je me suis souvenue qu'il y a pire, et que j'ai peu de contrôle.
La seule chose que je peux contrôler, c’est ma réaction. Je suis la seule responsable de mon choix : rester en colère ou être en paix. Les deux sont accessibles. C’est à moi de décider.
Alors, relax et profite du coucher de soleil.
Cette façon d’être n’a rien de nouveau. Pourtant, c’est le travail quotidien , la pratique de la présence, qui apporte le calme.
Plus nous nous laissons distraire, plus le temps passe vite.
Traditions
Les enfants adorent les traditions. En fait, les adultes aussi.
Les traditions occupent une place importante dans ma vie familiale : un vrai sapin de Noël pour les fêtes (de sept pieds), la décoration des biscuits de Noël, une chasse au trésor pour la Saint-Valentin, une chasse aux cocos de Pâques et des vacances en famille chaque été. Ce sont nos incontournables.
En revenant du boulot, j’ai caché tous les indices pour la chasse au trésor annuelle de la Saint-Valentin, destinée à mes deux filles, qui ne sont plus vraiment des enfants.
Elles tiennent à ce que chaque tradition soit respectée à la lettre. Il y a très peu de place pour le changement dans la manière dont chacune se déroule.
J’aime les traditions parce qu’elles font ressortir les liens intimes qui unissent notre famille : les souvenirs, la proximité, la continuité.
Cette année, les filles étant plus grandes, a eu lieu une longue conversation sur le passé et sur le chemin qui nous a menés là où nous sommes aujourd’hui. Même si elles grandissent sans leur père, l’histoire d’amour qui les a mises au monde est belle. Elles aiment que je leur raconte nos anecdotes du passé.
La gratitude était le mot clé.
On n’est jamais trop vieux pour les traditions… Elles nous permettent de ralentir et d’être pleinement présents dans ce parcours qui avance à toute vitesse.
P.S. Nous venons de rentrer de notre road trip de Noël en famille, une autre tradition où nous nous réunissons tous dans la maison où j'ai grandi. J’ai renoué avec une habitude que j’avais laissée derrière moi : lire des livres, cette fois-ci, avec mon neveu de six ans. Cela m’a rappelé de bons souvenirs. Les filles et moi adorions remplir nos sacs à la bibliothèque avec des histoires pour le coucher. Dès que j’ai commencé à lire, mes deux filles se sont jointes à nous, l’air aussi captivé qu’autrefois. Et oui, il y a eu quelques rires. J'aime bien y mettre ma touche théatrale!
La richesse de l'ennui
Steve Magness est un expert reconnu en performance humaine, auteur (Do Hard Things, Peak Performance, The Science of Running) et entraîneur. Il est surtout connu pour son approche globale du potentiel humain. Il accompagne des athlètes olympiques et professionnels (NBA, NFL), mais aussi du personnel militaire et des leaders organisationnels. Son travail met l’accent sur les habiletés mentales et la résilience, afin d’aller au-delà de la simple survie et tendre vers une vie plus épanouie.
Voici ce qu'il dit:
Le plus grand moteur de la curiosité, c’est l’ennui.
Et pourtant, nous avons presque complètement éliminé l’ennui.
Imagine quelqu’un qui fait la file. Il est si facile de sortir son téléphone et de faire défiler l’écran, sans même y penser.
Quand on s’ennuie, le cerveau cherche autre chose. Il pousse à réfléchir, à trouver des solutions. C’est souvent de là que naît la curiosité.
Les enfants inventent des jeux quand ils s’ennuient. Ils ont besoin de ces moments-là pour devenir créatifs.
S’ennuyer aide à réfléchir. À faire émerger des idées. À trouver des solutions.
On gagnerait à créer davantage d’espaces où l’ennui a sa place.
Les téléphones sont là pour rester. Mais on peut apprendre à les déposer, de temps en temps.
Et on serait surpris de ce qui en ressort.
P.S. Ma fille m'a fait découvrir une application qu'elle utilise, appelée Opal. Elle permet de suivre le temps passé devant l'écran et de bloquer les applications et les notifications pendant des périodes déterminées. Elle est gratuite !
Il y a quelque chose de profondément libérateur dans le fait de se détacher de nos téléphones. J'ai remarqué récemment que l'on parlait davantage des avantages d'avoir une ligne fixe et du fait d'accepter que parfois, être injoignable n'est pas seulement acceptable, mais aussi sain.
Citations qui m'ont marqué
- Vous pouvez vous réinventer quand vous le souhaitez.
- Nous sommes programmés pour rendre service, mais élevés dans la cupidité.
- Il n’y a rien comme la conscience de la mort pour nous donner envie de vivre pleinement.
Cela me rappelle une citation que j’ai lue dans un livre sur lequel j’ai travaillé, écrite par une participante partageant son expérience du cancer du sein :
- « J’ai lu un jour que nous avons deux vies. La deuxième commence lorsque nous réalisons que nous n’en avons qu’une. »
Quand une menace nous rassemble
Le Canada remporte le tournoi des 4 nations
Connor McDavid a marqué le but décisif à 8 min 18 s de la prolongation, Jordan Binnington a été formidable avec 31 arrêts, et le Canada a remporté le titre du Tournoi des quatre nations en battant les États-Unis 3-2.
Les réseaux sociaux ont rapidement été inondés d’images de ce match de hockey remporté contre les États-Unis. Ce qui m’a frappée, c’est la vitesse à laquelle la menace que représente la toxicité d’un seul homme peut rassembler tout un pays. À ce moment-là, il ne s’agissait plus seulement de hockey.
Il était question d’unité, de résilience et de fierté. La glace est devenue plus qu’une simple patinoire : elle nous a rappelé que, parfois, c’est l’adversité qui nous permet de prendre pleinement conscience de notre force collective — comme communauté, et même comme pays.
J’espère que nous continuerons à nous rappeler cette force et à rester unis pour aller de l’avant.
Le stress n'est pas un ennemi
Aujourd’hui, j’ai parlé avec une patiente dépassée par l’anxiété. Beaucoup de femmes disent que leur anxiété augmente à cette nouvelle étape qu’est la ménopause. Pourtant, la ménopause n’apporte pas forcément de nouveaux facteurs de stress : parfois, elle semble simplement réduire notre capacité à y faire face, comme si notre tolérance à l’imprévu avait été épuisée.
Que l’on soit ménopausée ou non, le stress n’est pas un ennemi, mais un signal à écouter. L’important n’est pas de l’éviter, mais de trouver les outils qui nous aident à l’accueillir et à y faire face.
Rien de tout cela n’est nouveau. Pourtant, quand nous sommes submergées, nous l’oublions. Des conversations comme celle-ci nous rappellent ce que nous savons déjà et nous font découvrir des outils auxquels on n’aurait peut-être pas pensé.
Il faut un village, merveilleusement diversifié, pour retrouver perspective et équilibre.
Aujourd’hui, j’ai parlé avec une patiente dépassée par l’anxiété. Beaucoup de femmes disent que leur anxiété augmente à cette nouvelle étape qu’est la ménopause. Pourtant, la ménopause n’apporte pas forcément de nouveaux facteurs de stress : parfois, elle semble simplement réduire notre capacité à y faire face, comme si notre tolérance à l’imprévu avait été épuisée.
Que l’on soit ménopausée ou non, le stress n’est pas un ennemi, mais un signal à écouter. L’important n’est pas de l’éviter, mais de trouver les outils qui nous aident à l’accueillir et à y faire face.
Rien de tout cela n’est nouveau. Pourtant, quand nous sommes submergées, nous l’oublions. Des conversations comme celle-ci nous rappellent ce que nous savons déjà et nous font découvrir des outils auxquels on n’aurait peut-être pas pensé.
Il faut un village, merveilleusement diversifié, pour retrouver perspective et équilibre.
Repenser notre façon de vivre
Quelques réflexions et citations qui m’ont marquée après avoir écouté la Dr Ellen Langer, professeure de psychologie à Harvard, invitée du podcast Rich Roll. J’ai vraiment aimé l’écouter : elle a une façon simple et claire d’expliquer les choses.
En l’écoutant, j’ai réalisé qu’il n’y a rien de mal à ne pas avoir de bucket-list avant de mourir. Je veux être heureuse avec ce que je fais aujourd’hui. Rêver et avoir des aspirations est une chose, mais je n’ai pas besoin d’une liste d’expériences extrêmes pour me sentir vivante et heureuse. Tout revient à vivre pleinement le présent, à s’épanouir dans la simplicité. Je crois que réussir à l’appliquer apporte autant, voire plus, qu’un saut en parachute.
Voici quelques-uns des mots qui m’ont particulièrement marquée :
« La négativité se propage aussi rapidement que la positivité. Et quand les gens parlent, ils doivent comprendre. Les choses ne sont ni positives ni négatives. Les choses sont simplement des choses. Et c’est notre compréhension de ces choses qui crée notre expérience. »
J’adore ! Mon père m’a souvent dit qu’un cigare n’est qu’un cigare ; c’est exactement ce qu’il voulait dire.
« Les gens ne se rendent pas compte à quel point il est difficile de rendre les choses simples. »
« Les gens sont amenés à croire qu’en critiquant, ils font preuve de discernement. »
Tellement vrai ! Cela m’a touchée, surtout en pensant aux extrêmes de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux : la facilité avec laquelle on peut exprimer une opinion derrière un écran, souvent sans empathie pour ceux qui en reçoivent l’impact.
Définitions pour bien clarifier :
Critiquer : signaler les défauts de quelqu’un ou quelque chose d’une manière désapprobatrice.
Faire preuve de discernement : avoir ou montrer un bon jugement.
Quelques réflexions et citations qui m’ont marquée après avoir écouté la Dr Ellen Langer, professeure de psychologie à Harvard, invitée du podcast Rich Roll. J’ai vraiment aimé l’écouter : elle a une façon simple et claire d’expliquer les choses.
En l’écoutant, j’ai réalisé qu’il n’y a rien de mal à ne pas avoir de bucket-list avant de mourir. Je veux être heureuse avec ce que je fais aujourd’hui. Rêver et avoir des aspirations est une chose, mais je n’ai pas besoin d’une liste d’expériences extrêmes pour me sentir vivante et heureuse. Tout revient à vivre pleinement le présent, à s’épanouir dans la simplicité. Je crois que réussir à l’appliquer apporte autant, voire plus, qu’un saut en parachute.
Voici quelques-uns des mots qui m’ont particulièrement marquée :
« La négativité se propage aussi rapidement que la positivité. Et quand les gens parlent, ils doivent comprendre. Les choses ne sont ni positives ni négatives. Les choses sont simplement des choses. Et c’est notre compréhension de ces choses qui crée notre expérience. »
J’adore ! Mon père m’a souvent dit qu’un cigare n’est qu’un cigare ; c’est exactement ce qu’il voulait dire.
« Les gens ne se rendent pas compte à quel point il est difficile de rendre les choses simples. »
« Les gens sont amenés à croire qu’en critiquant, ils font preuve de discernement. »
Tellement vrai ! Cela m’a touchée, surtout en pensant aux extrêmes de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux : la facilité avec laquelle on peut exprimer une opinion derrière un écran, souvent sans empathie pour ceux qui en reçoivent l’impact.
Définitions pour bien clarifier :
Critiquer : signaler les défauts de quelqu’un ou quelque chose d’une manière désapprobatrice.
Faire preuve de discernement : avoir ou montrer un bon jugement.
Mars
La stabilité dans les moments difficiles
La psychologue Lisa Damour parle de l’éducation des enfants dans un contexte de vulnérabilité. En période d’incertitude, la meilleure chose que nous puissions offrir à nos enfants est une présence stable.
Dr Lisa Damour est psychologue clinicienne américaine, autrice et experte du développement des adolescents. Elle est connue pour ses best-sellers (Untangled, The Emotional Lives of Teenagers), son podcast Ask Lisa, et ses contributions régulières au New York Times et à CBS News.
Alors que le monde traverse des périodes de turbulences, elle explique comment élever nos enfants dans l’adversité.
La meilleure chose que nous puissions faire dans les moments difficiles est d’être une présence stable pour eux. Nous avons plus d’expérience et pouvons leur offrir une perspective qu’ils n’ont pas encore. Être émotif ne signifie pas être fragile. La santé émotionnelle ne consiste pas seulement à se sentir bien, mais aussi à faire face quand on ne se sent pas bien. Il est normal de se sentir bouleversé dans des situations bouleversantes. Acceptez la détresse, en sachant que vous vous sentirez à nouveau bien.
Promettez à vos enfants que les jours difficiles passeront. Nous ne pouvons pas effacer leur tristesse, mais nous pouvons leur offrir une présence stable.
L'inconfort favorise la croissance
Je discutais récemment avec une amie des outils à utiliser lorsqu’on apprend auprès d’une personne qui manque d’intelligence émotionnelle. Dans son cas, elle suivait une formation au travail, et la personne qui l’enseignait pouvait décider si elle réussirait ou échouerait.
La formation venait à peine de commencer, la pression était forte, les critiques constantes.
Je lui ai posé deux questions simples :
Que peux-tu gagner de cette situation ?
Quel est ton objectif ultime ?
Parfois, il faut s’exprimer. D’autres fois, il faut s’adapter et surmonter l’inconfort. Dans tous les cas, ces questions doivent se poser.
L’objectif est-il d’apprendre à communiquer pour pouvoir évoluer dans un environnement plus sain ? Ou bien de gérer la pression et apprendre à performer dans des conditions stressantes ?
Oui, l’apprentissage est plus facile quand on est encouragé. Mais non, nous ne serons pas toujours félicités. Certains enseignants resteront sévères, quels que soient nos efforts. Et pourtant, nous continuons à apprendre : sur nous-mêmes, nos limites, nos instincts et notre résilience. Nos réactions font partie intégrante de notre développement.
Nous ne sommes plus à l’ère du « no pain, no gain ». Le développement ne nécessite pas de blessures émotionnelles. Il demande clarté, détermination et courage pour se donner les moyens de réussir.
Il y a toujours du bon chez les gens, enseignants, mentors, patrons… Parfois, notre vrai travail consiste à savoir le faire ressortir, ou, à défaut, à nous protéger en essayant.
Tous les environnements d’apprentissage ne s’adapteront pas à nous, mais notre santé mentale doit rester prioritaire : s’adapter oui, se perdre jamais.
Blessures : où je suis, pas où j'étais
Je n’ai pas beaucoup écrit ces derniers temps.
Après des mois de blessure et de convalescence, j’ai recommencé à bouger, à passer du temps dehors, et ça fait tellement de bien — même si je ressens une légère déception de ne pas pouvoir m’entraîner comme avant.
Le cerveau veut que la guérison signifie un retour à la « normale ». Quand cela ne se produit pas, une résistance s’installe. Mais grandir, c’est accepter que nous ne puissions pas rester tels que nous étions auparavant.
Ma vie est belle. Les difficultés que j’ai récemment traversées ne seraient pas considérées comme telles par la plupart des gens. J'en suis bien consciente. Mais, courir reste ma thérapie, et j’apprends à accepter que je suis en train d’évoluer comme athlète. J’apprends à faire confiance et à accepter le processus de guérison. Je vieillis aussi… et je suis simplement reconnaissante de pouvoir bouger dehors !
Les routes panoramiques vers la guérison




Juillet
Être parent en saison estivale
C’est l’été. Mon adolescente et ma jeune adulte sont enfin en vacances. Cela signifie qu’elles sont plus souvent à la maison… et que je rentre parfois dans une maison qui n’est plus tout à fait celle que j’ai quittée le matin. Je suis une maman généralement de bonne humeur, mais je deviens grincheuse parfois en rentrant du travail.
Un jour, j’ai pris quelques minutes pour écrire :
Es-tu fâchée après moi ?
C’est l’été.
Les enfants, qui ne sont plus vraiment des enfants, sont à la maison.
Ils dorment plus.
Ils mangent plus.
Ils passent plus de temps sur leurs écrans.
Les parents rentrent du travail.
Parfois dans une maison vide.
Ils nettoient plus.
Ils rangent plus.
Ils jurent plus.
Le chien a-t-il été promené aujourd’hui ?
Le téléphone bascule sur la messagerie vocale.
Un SMS : « Notifications désactivées ».
J’appuie sur : Notifier quand même…
Promenons le chien, au cas où.
Un SMS arrive : « Es-tu fâchée contre moi ? »
Et je me demande… pourquoi cette phrase a-t-elle autant d’importance ?
Une bonne journée serait-elle simplement une journée sans « fâchée » ?
La colère est-elle la seule émotion qu’un parent peut ressentir ?
Si je suis définie par deux états — fâchée ou pas fâchée — alors oui, je suis fâchée plusieurs fois par jour :
Quand je vois du dentifrice séché dans le lavabo que je viens de nettoyer.
Quand je rentre et que je trouve une montagne de vaisselle.
Quand je ne sais pas où tu es.
Quand le silence ou l’inaction me semblent irrespectueux.
Comme si j’étais juste là pour ramasser.
Comme si j’étais un monstre : parce que je semble en colère… ou parce que je ne le semble pas, mais que je suis quand même perçue comme telle.
Ce qu’ils ne réalisent pas, c’est que nos enfants sont les seules personnes qui peuvent tout se permettre. Parce que notre amour pour eux est inconditionnel. Même quand je suis fâchée.
Allons au-delà de la colère.
Qu’est-ce qu’une bonne journée ?
Une bonne journée comporte du bon et du mauvais.
Il s’agit de réagir aux deux de manière saine.
C’est comprendre que l’amour parental est sans limite.
C’est savoir que vous êtes en sécurité pour apprendre, pour grandir, même dans l’inconfort.
Nous sommes dans la même équipe.
Et parfois, quand je suis fâchée, ce n’est même pas à cause de toi.
C’est peut-être la fatigue.
Ou mes hormones.
Ou quelque chose au travail.
Nous sommes loin d’être parfaits. Parfois maladroits.
Mais une chose est sûre : notre amour est inconditionnel.
Cela dit…
tu dois quand même ranger tes affaires.
Octobre
La démocratie dans le respect. Soyons l’exemple.
Ces dernières semaines, j’ai lu des publications sur les réseaux sociaux de personnes qui se préparent aux prochaines élections municipales… et surtout, les commentaires qui les accompagnent.
Certains de ces mots m’affecteraient profondément s’ils étaient adressés à moi ou à mes proches. Ils visent à exprimer un mécontentement, mais sont souvent durs et dénigrants.
Cela me ramène à une citation que j’ai mentionnée plus tôt : on fait croire aux gens qu’en critiquant, on fait preuve de discernement. Ce n’est pas le cas. La critique est souvent blessante et fait passer le message que désaccord rime avec division.
Ces commentaires ne sont pas isolés. Ils apparaissent sans cesse, sur tous les sujets. Beaucoup ressemblent au langage qui, dans une école, justifierait une mesure disciplinaire.
Nos enfants nous observent. Ils apprennent de nous.
Je nous invite donc à être l’exemple que nous voulons qu’ils suivent.
Au lieu de laisser libre cours à notre colère en ligne, proposons des idées, pas seulement de l’opposition. Écoutons, exprimons notre désaccord avec respect et acceptons nos différences.
Pour nos enfants et pour les générations à venir, choisissons de donner l’exemple de la civilité.
Quand les conversations risquent de nous diviser, montrons la force de la communauté et de l’humanité, et rappelons qu’il y a encore de l’espoir, pour eux, et pour nous.
À propos de l'intelligence émotionnelle
J’ai rencontré un homme vraiment intéressant, un professeur de philosophie à la retraite.
Au cours de sa carrière, il s’est intéressé à l’intelligence émotionnelle, a publié sur le sujet et donne parfois des conférences.
Je lui ai demandé si l’intelligence émotionnelle pouvait se développer avec le temps chez ceux qui en ont peu. Il a commencé par rappeler que le QI ne peut pas vraiment augmenter, mais que l’intelligence émotionnelle, elle, peut effectivement se développer… à condition d’être extrêmement ouvert à l’apprentissage.
Certaines personnes ont une intelligence émotionnelle élevée et un QI plus faible, d’autres l’inverse. Certaines sont plus équilibrées. Il a souligné que, lorsqu’on ne possède que l’un des deux, ceux qui ont une intelligence émotionnelle plus élevée réussissent généralement mieux que ceux qui ne comptent que sur leur QI.
Note à moi-même : je dois assister à sa prochaine conférence !
Loose Wheels : ce que la course à pied m’apprend sur la vie
Ce week-end, j’ai parlé marathons avec des amis. Nous avons parlé de la différence entre courir une longue distance en tant que débutant et courir avec de l'expérience. Nous nous sommes tous souvenus d'au moins un marathon où tout s'était effondré. Pour moi, c’était Burlington : le mur au 16e kilomètre, un départ retardé par la foudre… mon plan mental s’était effondré.
J'ai toujours été fasciné par le fait que les hommes partent souvent plus vite et acceptent qu'ils puissent s'effondrer à un moment donné. Un coureur en particulier, qui partage ses récits de course dans un podcast, m'a appris quelque chose d'important : lorsqu’une roue se desserre, cela ne signifie pas que toutes vont se détacher. Parfois, il faut ralentir et laisser passer le moment. Cette idée a changé ma manière de courir… et de vivre.
La vie, comme la course, met à l’épreuve notre patience et nos réactions. Une vague d’émotions impulsives peut nous entraîner dans une spirale négative, souvent plus destructrice que la situation elle-même. Alors, je ralentis, je prends du recul, et je vois plus clairement tout ce qui va bien.
Dans une course, il est toujours possible d’abandonner. Mais la vraie course commence quand ça se complique. La vie n’est pas différente : persévérer ou s'éloigner, en espérant des jours meilleurs lorsque les étoiles s'aligneront.
Avoir un système de soutien est essentiel. Il faut prendre des nouvelles, rester présent. Les femmes semblent le faire plus naturellement, disposant de réseaux plus larges que les hommes, qui s’appuient souvent sur leur partenaire seul.
Élever des jeunes adultes et choisir mes combats
J’ai eu une autre réflexion aujourd’hui, cette fois sur mon rôle de mère envers ma jeune adulte.
Ma fille aînée a commencé l’université. Entre ses cours, ses projets d’ingénierie et sa vie sociale, elle rentre tard et part tôt. Et moi, je retrouve une maison qui n’est plus celle que j’ai quittée le matin.
Je n’aime pas la personne que je deviens quand je lui fais remarquer le désordre. Et parfois, j'ai l'impression que c'est tout ce que je fais.
Aujourd’hui, j’ai réalisé que ce qui me dérangeait n’était peut-être pas tant le désordre que le sentiment de ne pas être respectée. J’aimerais que nos conversations se concentrent sur ce nouveau chapitre passionnant : ses amis, la vie universitaire, le professeur de chimie dont elle se plaint. Elle me fait rire et je suis si fière d’elle. J'ai juste le goût de passer du bon temps avec elle.
Une partie de moi souhaite que l’éducation des jeunes adultes soit plus calme, moins correctrice. Mais j’aime aussi retrouver ma maison rangée. C’est mon espace, le fruit de beaucoup de travail, où je recharge mes batteries.
Mes enfants sont formidables. Être parent, surtout à ce stade, consiste souvent à choisir ses combats et à avoir confiance que nous leur avons donné suffisamment pour qu’ils trouvent leur voie. Il s’agit d’apprendre à prendre du recul tout en restant présent… et parfois avec un peu de « tough love », alors qu’ils avancent vers l’indépendance.
C’est plus facile à dire qu’à faire !
La stabilité dans les moments difficiles
La psychologue Lisa Damour parle de l’éducation des enfants dans un contexte de vulnérabilité. En période d’incertitude, la meilleure chose que nous puissions offrir à nos enfants est une présence stable.
Dr Lisa Damour est psychologue clinicienne américaine, autrice et experte du développement des adolescents. Elle est connue pour ses best-sellers (Untangled, The Emotional Lives of Teenagers), son podcast Ask Lisa, et ses contributions régulières au New York Times et à CBS News.
Alors que le monde traverse des périodes de turbulences, elle explique comment élever nos enfants dans l’adversité.
La meilleure chose que nous puissions faire dans les moments difficiles est d’être une présence stable pour eux. Nous avons plus d’expérience et pouvons leur offrir une perspective qu’ils n’ont pas encore. Être émotif ne signifie pas être fragile. La santé émotionnelle ne consiste pas seulement à se sentir bien, mais aussi à faire face quand on ne se sent pas bien. Il est normal de se sentir bouleversé dans des situations bouleversantes. Acceptez la détresse, en sachant que vous vous sentirez à nouveau bien.
Promettez à vos enfants que les jours difficiles passeront. Nous ne pouvons pas effacer leur tristesse, mais nous pouvons leur offrir une présence stable.
L'inconfort favorise la croissance
Je discutais récemment avec une amie des outils à utiliser lorsqu’on apprend auprès d’une personne qui manque d’intelligence émotionnelle. Dans son cas, elle suivait une formation au travail, et la personne qui l’enseignait pouvait décider si elle réussirait ou échouerait.
La formation venait à peine de commencer, la pression était forte, les critiques constantes.
Je lui ai posé deux questions simples :
Que peux-tu gagner de cette situation ?
Quel est ton objectif ultime ?
Parfois, il faut s’exprimer. D’autres fois, il faut s’adapter et surmonter l’inconfort. Dans tous les cas, ces questions doivent se poser.
L’objectif est-il d’apprendre à communiquer pour pouvoir évoluer dans un environnement plus sain ? Ou bien de gérer la pression et apprendre à performer dans des conditions stressantes ?
Oui, l’apprentissage est plus facile quand on est encouragé. Mais non, nous ne serons pas toujours félicités. Certains enseignants resteront sévères, quels que soient nos efforts. Et pourtant, nous continuons à apprendre : sur nous-mêmes, nos limites, nos instincts et notre résilience. Nos réactions font partie intégrante de notre développement.
Nous ne sommes plus à l’ère du « no pain, no gain ». Le développement ne nécessite pas de blessures émotionnelles. Il demande clarté, détermination et courage pour se donner les moyens de réussir.
Il y a toujours du bon chez les gens, enseignants, mentors, patrons… Parfois, notre vrai travail consiste à savoir le faire ressortir, ou, à défaut, à nous protéger en essayant.
Tous les environnements d’apprentissage ne s’adapteront pas à nous, mais notre santé mentale doit rester prioritaire : s’adapter oui, se perdre jamais.
Blessures : où je suis, pas où j'étais
Je n’ai pas beaucoup écrit ces derniers temps.
Après des mois de blessure et de convalescence, j’ai recommencé à bouger, à passer du temps dehors, et ça fait tellement de bien — même si je ressens une légère déception de ne pas pouvoir m’entraîner comme avant.
Le cerveau veut que la guérison signifie un retour à la « normale ». Quand cela ne se produit pas, une résistance s’installe. Mais grandir, c’est accepter que nous ne puissions pas rester tels que nous étions auparavant.
Ma vie est belle. Les difficultés que j’ai récemment traversées ne seraient pas considérées comme telles par la plupart des gens. J'en suis bien consciente. Mais, courir reste ma thérapie, et j’apprends à accepter que je suis en train d’évoluer comme athlète. J’apprends à faire confiance et à accepter le processus de guérison. Je vieillis aussi… et je suis simplement reconnaissante de pouvoir bouger dehors !
Les routes panoramiques vers la guérison
Juillet
Être parent en saison estivale
C’est l’été. Mon adolescente et ma jeune adulte sont enfin en vacances. Cela signifie qu’elles sont plus souvent à la maison… et que je rentre parfois dans une maison qui n’est plus tout à fait celle que j’ai quittée le matin. Je suis une maman généralement de bonne humeur, mais je deviens grincheuse parfois en rentrant du travail.
Un jour, j’ai pris quelques minutes pour écrire :
Es-tu fâchée après moi ?
C’est l’été.
Les enfants, qui ne sont plus vraiment des enfants, sont à la maison.
Ils dorment plus.
Ils mangent plus.
Ils passent plus de temps sur leurs écrans.
Les parents rentrent du travail.
Parfois dans une maison vide.
Ils nettoient plus.
Ils rangent plus.
Ils jurent plus.
Le chien a-t-il été promené aujourd’hui ?
Le téléphone bascule sur la messagerie vocale.
Un SMS : « Notifications désactivées ».
J’appuie sur : Notifier quand même…
Promenons le chien, au cas où.
Un SMS arrive : « Es-tu fâchée contre moi ? »
Et je me demande… pourquoi cette phrase a-t-elle autant d’importance ?
Une bonne journée serait-elle simplement une journée sans « fâchée » ?
La colère est-elle la seule émotion qu’un parent peut ressentir ?
Si je suis définie par deux états — fâchée ou pas fâchée — alors oui, je suis fâchée plusieurs fois par jour :
Quand je vois du dentifrice séché dans le lavabo que je viens de nettoyer.
Quand je rentre et que je trouve une montagne de vaisselle.
Quand je ne sais pas où tu es.
Quand le silence ou l’inaction me semblent irrespectueux.
Comme si j’étais juste là pour ramasser.
Comme si j’étais un monstre : parce que je semble en colère… ou parce que je ne le semble pas, mais que je suis quand même perçue comme telle.
Ce qu’ils ne réalisent pas, c’est que nos enfants sont les seules personnes qui peuvent tout se permettre. Parce que notre amour pour eux est inconditionnel. Même quand je suis fâchée.
Allons au-delà de la colère.
Qu’est-ce qu’une bonne journée ?
Une bonne journée comporte du bon et du mauvais.
Il s’agit de réagir aux deux de manière saine.
C’est comprendre que l’amour parental est sans limite.
C’est savoir que vous êtes en sécurité pour apprendre, pour grandir, même dans l’inconfort.
Nous sommes dans la même équipe.
Et parfois, quand je suis fâchée, ce n’est même pas à cause de toi.
C’est peut-être la fatigue.
Ou mes hormones.
Ou quelque chose au travail.
Nous sommes loin d’être parfaits. Parfois maladroits.
Mais une chose est sûre : notre amour est inconditionnel.
Cela dit…
tu dois quand même ranger tes affaires.
Octobre
La démocratie dans le respect. Soyons l’exemple.
Ces dernières semaines, j’ai lu des publications sur les réseaux sociaux de personnes qui se préparent aux prochaines élections municipales… et surtout, les commentaires qui les accompagnent.
Certains de ces mots m’affecteraient profondément s’ils étaient adressés à moi ou à mes proches. Ils visent à exprimer un mécontentement, mais sont souvent durs et dénigrants.
Cela me ramène à une citation que j’ai mentionnée plus tôt : on fait croire aux gens qu’en critiquant, on fait preuve de discernement. Ce n’est pas le cas. La critique est souvent blessante et fait passer le message que désaccord rime avec division.
Ces commentaires ne sont pas isolés. Ils apparaissent sans cesse, sur tous les sujets. Beaucoup ressemblent au langage qui, dans une école, justifierait une mesure disciplinaire.
Nos enfants nous observent. Ils apprennent de nous.
Je nous invite donc à être l’exemple que nous voulons qu’ils suivent.
Au lieu de laisser libre cours à notre colère en ligne, proposons des idées, pas seulement de l’opposition. Écoutons, exprimons notre désaccord avec respect et acceptons nos différences.
Pour nos enfants et pour les générations à venir, choisissons de donner l’exemple de la civilité.
Quand les conversations risquent de nous diviser, montrons la force de la communauté et de l’humanité, et rappelons qu’il y a encore de l’espoir, pour eux, et pour nous.
À propos de l'intelligence émotionnelle
J’ai rencontré un homme vraiment intéressant, un professeur de philosophie à la retraite.
Au cours de sa carrière, il s’est intéressé à l’intelligence émotionnelle, a publié sur le sujet et donne parfois des conférences.
Je lui ai demandé si l’intelligence émotionnelle pouvait se développer avec le temps chez ceux qui en ont peu. Il a commencé par rappeler que le QI ne peut pas vraiment augmenter, mais que l’intelligence émotionnelle, elle, peut effectivement se développer… à condition d’être extrêmement ouvert à l’apprentissage.
Certaines personnes ont une intelligence émotionnelle élevée et un QI plus faible, d’autres l’inverse. Certaines sont plus équilibrées. Il a souligné que, lorsqu’on ne possède que l’un des deux, ceux qui ont une intelligence émotionnelle plus élevée réussissent généralement mieux que ceux qui ne comptent que sur leur QI.
Note à moi-même : je dois assister à sa prochaine conférence !
Loose Wheels : ce que la course à pied m’apprend sur la vie
Ce week-end, j’ai parlé marathons avec des amis. Nous avons parlé de la différence entre courir une longue distance en tant que débutant et courir avec de l'expérience. Nous nous sommes tous souvenus d'au moins un marathon où tout s'était effondré. Pour moi, c’était Burlington : le mur au 16e kilomètre, un départ retardé par la foudre… mon plan mental s’était effondré.
J'ai toujours été fasciné par le fait que les hommes partent souvent plus vite et acceptent qu'ils puissent s'effondrer à un moment donné. Un coureur en particulier, qui partage ses récits de course dans un podcast, m'a appris quelque chose d'important : lorsqu’une roue se desserre, cela ne signifie pas que toutes vont se détacher. Parfois, il faut ralentir et laisser passer le moment. Cette idée a changé ma manière de courir… et de vivre.
La vie, comme la course, met à l’épreuve notre patience et nos réactions. Une vague d’émotions impulsives peut nous entraîner dans une spirale négative, souvent plus destructrice que la situation elle-même. Alors, je ralentis, je prends du recul, et je vois plus clairement tout ce qui va bien.
Dans une course, il est toujours possible d’abandonner. Mais la vraie course commence quand ça se complique. La vie n’est pas différente : persévérer ou s'éloigner, en espérant des jours meilleurs lorsque les étoiles s'aligneront.
Avoir un système de soutien est essentiel. Il faut prendre des nouvelles, rester présent. Les femmes semblent le faire plus naturellement, disposant de réseaux plus larges que les hommes, qui s’appuient souvent sur leur partenaire seul.
Élever des jeunes adultes et choisir mes combats
J’ai eu une autre réflexion aujourd’hui, cette fois sur mon rôle de mère envers ma jeune adulte.
Ma fille aînée a commencé l’université. Entre ses cours, ses projets d’ingénierie et sa vie sociale, elle rentre tard et part tôt. Et moi, je retrouve une maison qui n’est plus celle que j’ai quittée le matin.
Je n’aime pas la personne que je deviens quand je lui fais remarquer le désordre. Et parfois, j'ai l'impression que c'est tout ce que je fais.
Aujourd’hui, j’ai réalisé que ce qui me dérangeait n’était peut-être pas tant le désordre que le sentiment de ne pas être respectée. J’aimerais que nos conversations se concentrent sur ce nouveau chapitre passionnant : ses amis, la vie universitaire, le professeur de chimie dont elle se plaint. Elle me fait rire et je suis si fière d’elle. J'ai juste le goût de passer du bon temps avec elle.
Une partie de moi souhaite que l’éducation des jeunes adultes soit plus calme, moins correctrice. Mais j’aime aussi retrouver ma maison rangée. C’est mon espace, le fruit de beaucoup de travail, où je recharge mes batteries.
Mes enfants sont formidables. Être parent, surtout à ce stade, consiste souvent à choisir ses combats et à avoir confiance que nous leur avons donné suffisamment pour qu’ils trouvent leur voie. Il s’agit d’apprendre à prendre du recul tout en restant présent… et parfois avec un peu de « tough love », alors qu’ils avancent vers l’indépendance.
C’est plus facile à dire qu’à faire !
Novembre
Une entrevue de l'auteure Camille Laurens, publiée dans La Presse le 23 novembre, m'a profondément marquée. Elle remet en question le préjugé selon lequel les femmes qui entretiennent des relations avec des agresseurs narcissiques sont naïves ou facilement influençables. Comme elle l'explique :
Nos filles sont nées d'amour. Nous le savons, elles le savent aussi, et c'est ce qui compte vraiment. Les jugements existent, et parfois je les imagine plus qu'ils ne le sont en réalité, mais je m'efforce de ne leur laisser aucune place chez moi. Ce qui compte, c'est de veiller à ce que nos enfants puissent grandir dans un environnement empreint de présence, de stabilité et d'amour, guidé par la compassion et la compréhension plutôt que par des suppositions ou des jugements.
- “Souvent, les personnalités perverses narcissiques sont dans la séduction, ce sont des gens qui sont appréciés, qu’on trouve charmants. Quand une femme se plaint d’un homme comme ça, elle n’est pas crue.”
- “Je crois que mon roman a libéré quelque chose du sentiment de culpabilité qu’on peut ressentir lorsqu’on est la victime d’une telle relation.”
- “Je voulais aller contre ce préjugé que ce ne sont que des idiotes, des cruches qui se laissent complètement berner. Eh bien non, au contraire.”
- “Ça arrive plutôt à des femmes qui ont une certaine puissance sociale parce que le pervers narcissique, son but n’est pas de mettre par terre quelqu’un qui est déjà très bas. C’est, au contraire, de faire tomber quelqu’un qui est fort. C’est sa gloire.”
Nos filles sont nées d'amour. Nous le savons, elles le savent aussi, et c'est ce qui compte vraiment. Les jugements existent, et parfois je les imagine plus qu'ils ne le sont en réalité, mais je m'efforce de ne leur laisser aucune place chez moi. Ce qui compte, c'est de veiller à ce que nos enfants puissent grandir dans un environnement empreint de présence, de stabilité et d'amour, guidé par la compassion et la compréhension plutôt que par des suppositions ou des jugements.
Le poids de nos choix
En novembre, j’ai lu un roman qui raconte la vie en banlieue. Dans une scène, une femme avoue à son mari qu’elle l’a trompé et qu’elle n’est pas sûre que leur deuxième enfant soit le sien. (un peu dramatique, je sais).
Il lui répond que le pire n’est pas l’infidélité ni la possibilité d’un enfant illégitime, mais la peur de perdre leur relation, la seule chose dont il ne pourrait se passer.
Sa réaction intérieur:
« C’était le plus beau couteau avec lequel elle ait jamais été poignardée de toute sa vie. » (Sally Hepworth)
Cette phrase est puissante. En quelques mots, elle capture la culpabilité, l’amour et la douleur silencieuse que nos choix peuvent provoquer. Parfois, le désir de se sentir vivant peut atténuer notre empathie et vider de sa substance la vie de quelqu’un qu’on aime. Ce qui semblait plus vert ailleurs peut rapidement se dessécher si on perd de vue la perspective.
Ce qui m’a frappée, ce n’est pas l’infidélité, mais le poids de nos décisions, et combien nos choix peuvent affecter profondément les autres… et combien les leurs nous affectent en retour.
Tout commence avec nous
Début décembre, j’ai écouté un podcast où Rich Roll interviewait Jillian Turecki, auteure d’It Begins with You (Tout commence avec nous).
Son approche de l’amour est holistique, compatissante, mais pragmatique. Elle explique clairement que si l’on veut une relation enrichissante, basée sur la connexion, la sécurité et l’intimité, il faut d’abord se tourner vers soi. Le dénominateur commun de toutes nos relations, c’est nous.
Un autre point qu’elle souligne : ce que nous devons rechercher chez un partenaire, c’est quelqu’un qui souhaite résoudre les problèmes. Il ne s’agit pas de perfection ou d’un passé sans traumatisme, mais de communication. On peut avoir besoin de temps pour réfléchir ou même avoir de la difficulté à s’exprimer, mais l’important est la volonté de s’engager et de communiquer, peu importe le type de relation.
Comme elle le dit : « Je ne veux pas que tu laisses le siège de toilettes relevé, mais tu peux le laisser relevé. » En d’autres termes, choisissez vos combats, et communiquez.
Elle rappelle aussi : « Tout le monde veut être aimé pour ce qu’il est. »
En novembre, j’ai lu un roman qui raconte la vie en banlieue. Dans une scène, une femme avoue à son mari qu’elle l’a trompé et qu’elle n’est pas sûre que leur deuxième enfant soit le sien. (un peu dramatique, je sais).
Il lui répond que le pire n’est pas l’infidélité ni la possibilité d’un enfant illégitime, mais la peur de perdre leur relation, la seule chose dont il ne pourrait se passer.
Sa réaction intérieur:
« C’était le plus beau couteau avec lequel elle ait jamais été poignardée de toute sa vie. » (Sally Hepworth)
Cette phrase est puissante. En quelques mots, elle capture la culpabilité, l’amour et la douleur silencieuse que nos choix peuvent provoquer. Parfois, le désir de se sentir vivant peut atténuer notre empathie et vider de sa substance la vie de quelqu’un qu’on aime. Ce qui semblait plus vert ailleurs peut rapidement se dessécher si on perd de vue la perspective.
Ce qui m’a frappée, ce n’est pas l’infidélité, mais le poids de nos décisions, et combien nos choix peuvent affecter profondément les autres… et combien les leurs nous affectent en retour.
Tout commence avec nous
Début décembre, j’ai écouté un podcast où Rich Roll interviewait Jillian Turecki, auteure d’It Begins with You (Tout commence avec nous).
Son approche de l’amour est holistique, compatissante, mais pragmatique. Elle explique clairement que si l’on veut une relation enrichissante, basée sur la connexion, la sécurité et l’intimité, il faut d’abord se tourner vers soi. Le dénominateur commun de toutes nos relations, c’est nous.
Un autre point qu’elle souligne : ce que nous devons rechercher chez un partenaire, c’est quelqu’un qui souhaite résoudre les problèmes. Il ne s’agit pas de perfection ou d’un passé sans traumatisme, mais de communication. On peut avoir besoin de temps pour réfléchir ou même avoir de la difficulté à s’exprimer, mais l’important est la volonté de s’engager et de communiquer, peu importe le type de relation.
Comme elle le dit : « Je ne veux pas que tu laisses le siège de toilettes relevé, mais tu peux le laisser relevé. » En d’autres termes, choisissez vos combats, et communiquez.
Elle rappelle aussi : « Tout le monde veut être aimé pour ce qu’il est. »
Nous voulons être aimés même si nous sommes anxieux ou déprimés, même si nous avons cette étrange habitude, même si nous sommes confrontés à A, B et C. Tout le monde mérite cela, mais nous devons apporter ce qui inciterait quelqu'un à vouloir être en couple avec nous : la fiabilité, la cohérence, l'amour, l'attention, la bienveillance et la volonté de communiquer. Il est très important d'en parler, car les gens pensent qu'il existe une personne incroyablement parfaite, très évoluée, angélique. Elle viendra nous sauver, et c'est ce qui se passe tout le temps dans l'inconscient des gens.
Ces idées ne sont pas nouvelles, mais elles nous rappellent quelque chose d’essentiel : nos habitudes de pensée peuvent nous faire oublier l’essentiel. En vieillissant, on croit mieux savoir et on réagit vite. Cette discussion est un rappel : tout commence par nous, par la façon dont nous nous présentons, dont nous comprenons et communiquons, pour nous et pour les autres.
Personne n’est parfait. Chacun a son passé. Mais tout commence par nous et notre ouverture à la communication.
Conclusion : se souvenir, c'est mettre en pratique
Avec du recul, 2025 n’a pas été une année de grandes découvertes. Elle a surtout été ponctuée de rappels : les épreuves quotidiennes, l’importance du parcours lui-même, d’être présent plutôt que performant, de faire face plutôt que résister, de rester stable dans l’incertitude, d’être uni plutôt que divisé, et de la manière dont nous nous comportons envers nous-mêmes et les autres.
Savoir quelque chose ne signifie pas le vivre. C’est là que la pratique entre en jeu… et le village qui nous ramène à nous-mêmes quand nous dérivons.
Si je retiens une leçon, c’est celle-ci : guérir ne signifie pas revenir à l’ancien état. La croissance nous conduit vers un nouvel horizon, où nous apprenons à lâcher ce qui nous définissait pour devenir ce que nous sommes pleinement : présents, compatissants, faisant ce que nous aimons avec ceux que nous aimons.
Ma récente blessure m’a aussi permis d’explorer une autre de mes passions : l’écriture. Grâce au soutien de ma mère et à l’aide de plusieurs personnes de l’île de Man, j’ai pu apprendre à connaître mon grand-oncle Billy, un jeune héros de la Seconde Guerre mondiale. J’ai découvert le processus d’édition et je suis honorée d’avoir l’opportunité de partager son histoire. Voici le lien vers son histoire :
Billy's Story: A Memoir of a Young Navy Seaman Aboard WWII Trawlers
Tout commence avec nous… mais nous sommes tous dans le même bateau.
Ces idées ne sont pas nouvelles, mais elles nous rappellent quelque chose d’essentiel : nos habitudes de pensée peuvent nous faire oublier l’essentiel. En vieillissant, on croit mieux savoir et on réagit vite. Cette discussion est un rappel : tout commence par nous, par la façon dont nous nous présentons, dont nous comprenons et communiquons, pour nous et pour les autres.
Personne n’est parfait. Chacun a son passé. Mais tout commence par nous et notre ouverture à la communication.
Conclusion : se souvenir, c'est mettre en pratique
Avec du recul, 2025 n’a pas été une année de grandes découvertes. Elle a surtout été ponctuée de rappels : les épreuves quotidiennes, l’importance du parcours lui-même, d’être présent plutôt que performant, de faire face plutôt que résister, de rester stable dans l’incertitude, d’être uni plutôt que divisé, et de la manière dont nous nous comportons envers nous-mêmes et les autres.
Savoir quelque chose ne signifie pas le vivre. C’est là que la pratique entre en jeu… et le village qui nous ramène à nous-mêmes quand nous dérivons.
Si je retiens une leçon, c’est celle-ci : guérir ne signifie pas revenir à l’ancien état. La croissance nous conduit vers un nouvel horizon, où nous apprenons à lâcher ce qui nous définissait pour devenir ce que nous sommes pleinement : présents, compatissants, faisant ce que nous aimons avec ceux que nous aimons.
Ma récente blessure m’a aussi permis d’explorer une autre de mes passions : l’écriture. Grâce au soutien de ma mère et à l’aide de plusieurs personnes de l’île de Man, j’ai pu apprendre à connaître mon grand-oncle Billy, un jeune héros de la Seconde Guerre mondiale. J’ai découvert le processus d’édition et je suis honorée d’avoir l’opportunité de partager son histoire. Voici le lien vers son histoire :
Billy's Story: A Memoir of a Young Navy Seaman Aboard WWII Trawlers
Tout commence avec nous… mais nous sommes tous dans le même bateau.

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